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La persistance de la crise économique mondiale, l’environnement économique et financier difficile, les tensions sociales de part et d’autre dans les pays en voie de développement notamment en Afrique, ont ralenti et fragilisé la reprise de l’économie. Ces facteurs conjugués ont inégalement affecté la croissance au sein des marchés émergents qui se sont pourtant distingués comme des principaux vecteurs de l’économie mondiale.

 

De nos jours, environ un cinquième de la population mondiale vit dans la pauvreté. Dans ce contexte socio-économique peu reluisant, la microfinance a connu une forte croissance. En effet, selon Jean-Marie SEVERINO,Président de Convergences, « aujourd’hui plus de 100 millions de clients sont servis dans le monde par plusieurs milliers d’institutions de microfinance » Cet essor rapide, positionne la microfinance comme un instrument majeur d’inclusion financière, même si le secteur a connu des crises qui appellent à la mise en œuvre de modèles économiques plus responsables pour assurer la pérennité de sa mission.

 

Au regard du développement rapide du secteur, il devient opportun pour tous les acteurs de s’interroger sur le potentiel de la microfinance dans les prochaines décennies. Quelle sera la valeur ajoutée du secteur dans les perspectives de développement pour les années à venir ? Quels sont les enjeux pour un plus grand impact social de la microfinance? Ce sont des sujets préoccupants qui doivent interpeler tous les acteurs du développement. Plusieurs chercheurs et professionnels du monde entier ont démontré que les pays en voie de développement peuvent encore faire confiance au potentiel de la microfinance à contribuer à l’inclusion sociale, économique et financière des populations les plus démunies. Le secteur est également prêt à mettre en œuvre les mesures nécessaires pour que les pratiques des acteurs soient plus responsables, innovantes et aient un impact plus important. Avec l’appel mondial pour une microfinance responsable, l’industrie de la microfinance est de plus en plus consciente de sa responsabilité à garantir des services financiers qui ne nuisent pas à ses clients et amener toutes les parties prenantes à jouer leur partition afin que la microfinance puisse contribuer efficacement à la réduction de la pauvreté et la réalisation des Objectifs pour le Développement Durable (ODD). A cet égard, la promotion de l’inclusion financière doit devenir le leitmotiv de la microfinance. Pour y parvenir, la microfinance doit jouer un rôle déterminant en adoptant des pratiques responsables et novatrices à travers la mise en place des mécanismes spécifiques innovants ayant un impact positif et durable du point de vue socio-économique sur les populations pauvres. Cela passera par l’élargissement de l’éventail des produits et services, le développement de produits et canaux de distribution innovants, la mise en place de mécanismes spécifiques adaptés afin d’accroître non seulement l’accès aux services financiers et non financiers mais aussi de concilier les deux missions économique et sociale de la microfinance. Après la déclaration de Maya faite en septembre 2011, par l’Alliance pour l’Inclusion Financière (AFI), il est indéniable que le secteur de la microfinance constitue de nos jours, une opportunité à saisir par les décideurs à travers l’exploitation du potentiel économique et social des plus de 2,5 milliards de personnes adultes « non bancarisées » dans le monde. Pour cela, il urge que les économies africaines saisissent cette opportunité et que des mécanismes spécifiques appropriés qui intègrent le contexte socio-économique de chaque pays soient développés par les acteurs en vue de la mise en œuvre des solutions endogènes adaptées au développement de la promotion de l’inclusion financière et de l’investissement socialement responsable.

 

C’est dans ce contexte que s’inscrit et ce, depuis 2006, la vision des autorités au plus haut niveau du Gouvernement de notre pays le BENIN. En effet, considérant l’inclusion financière comme un levier stratégique de développement, le Bénin envisage de construire un secteur financier solide répondant aux normes internationales, et respectant les standards de l’espace monétaire ouest africain, dans lequel le secteur financier décentralisé s’intègre parfaitement à un secteur financier global et faisant de l’impact social une préoccupation cardinale à côté du profit. Cet engagement de l’Etat béninois qui se manifeste par une volonté politique soutenue par des accompagnements du secteur, vient confirmer que l’accès au financement est un vecteur principal de lutte contre la pauvreté dans les principaux déterminants de la pauvreté. C’est ainsi que depuis 2006, le Fonds National de la Microfinance (FNM) vit le jour pour jouer le rôle prépondérant dans cette politique du Gouvernement béninois. De par son professionnalisme et la pertinence de ses interventions, il a effectué d’énormes progrès en accompagnant le secteur dans la recherche de solutions pertinentes aux défis et challenges contemporains. En dix (10) ans d’existence, il a pu se positionner dans l’architecture financière béninoise comme un dispositif pertinent pour la promotion de l’inclusion financière qui fonctionne comme un écosystème dans lequel les pauvres, les plus pauvres, les micro et très petits entrepreneurs trouvent les solutions adaptées à leurs difficultés d’accès au financement pour le développement de leurs activités par le biais des SFD. A tout cela s’ajoute l’ancrage bancaire créé entre les banques et les Systèmes Financiers Décentralisés pour faciliter à ces SFD l’accès aux ressources à des taux préférentiels.

 

En 2016, l’institution venait de boucler dix (10) ans d’existence. Beaucoup d’activités ont été réalisées. De l’analyse des performances économique, financière et sociale ainsi que des différents rapports, il ressort que l’effet de ses interventions est diversement apprécié au triple niveau des SFD partenaires, des bénéficiaires à la base et de l’opinion nationale.

 

Si l’on a pu observer une plus grande participation des populations exclues grâce aux programmes mis en place par l’Etat, on doit aussi malheureusement constater que cela n’a été possible que dans un schéma faisant largement appel aux finances publiques, ce qui pose toute la question de pérennité. Par ailleurs, l’effet sur les SFD est lui aussi préoccupant puisque, d’une certaine manière, l’accès à des sources de financement supplémentaires semble détourner certains SFD de la recherche d’une meilleure efficacité opérationnelle. Dès lors, au lieu de contribuer au renforcement des institutions participantes, les mécanismes mis en place semblent au contraire engendrer un relatif affaiblissement.

 

Dans un contexte pareil, le principal défi pour le FNM, est de garantir l’efficacité et la pérennité des actions publiques dans le secteur de la microfinance. En d’autres termes, il lui faudra pour les cinq prochaines années, identifier les montages institutionnels capables non seulement d’améliorer l’accès des populations exclues aux services financiers adéquats, mais aussi de générer des incitations favorables à la viabilité de l’industrie de la microfinance, condition essentielle d’une inclusion financière durable dans notre pays.

 

A cet égard, et prenant en compte les différentes observations, remarques, critiques et appréciations de l’ensemble des acteurs du secteur de la microfinance au Bénin, lors de l’atelier de discussion technique du 18 août 2016, sur son avant-projet de plan stratégique pour l’horizon 2021 d’une part, et les conclusions de l’atelier d’appréciation critique du bilan des dix (10) années de son existence d’autre part, le FNM a jugé utile de changer le cap et de développer beaucoup plus la culture de résultats que celle d’activités.

 

A l’horizon 2021, le FNM ouvrira à cet effet de nouveaux chantiers avec entre autres comme priorités à partir de 2017 :

 

  • la digitalisation de ses opérations de financement des lignes de crédit ;
  • l’assainissement de son portefeuille de crédit ;
  • la pratique de l’évaluation comme opportunité de changement, d’apprentissage et d’amélioration ;
  • la mise en œuvre des réformes opérationnelles au regard des conclusions issues des travaux des comités techniques mis en place à cet effet ;
  • la poursuite et l’amélioration des interventions en rapport avec les raisons ayant prévalu à la création du FNM ;
  • l’amélioration de la qualité des dépenses ;
  • l’amélioration de l’accès des populations des secteurs de l’agriculture, de l’artisanat, du petit commerce et de l’art à des services financiers adéquats ;
  • la facilitation et le renforcement de l’accès des artisans à des services financiers adéquats avec pour objectif de toucher au moins un million de bénéficiaires avant 2020 ;
  • la rationalisation des choix budgétaires.

 

Il ressort de ces perspectives donc que l’innovation technologique, l’amélioration de l’offre et de l’accès du client aux produits et services, ainsi que la responsabilisation des acteurs, la mise en place d'un cadre réglementaire stable et adapté qui favorisent l’inclusion, l’intégrité et la stabilité financière, constituent des leviers à activer pour permettre à la microfinance d’affirmer sa légitimité et son potentiel de développement capable de toucher les populations les plus démunies. Nous voudrions pouvoir compter sur la fédération de nos expertises (chercheurs, praticiens, professionnels du secteur, décideurs et investisseurs) et sur les pratiques des différentes parties prenantes pour que l’Afrique soit au rendez-vous de l’inclusion financière par une microfinance responsable. Le FNM attend vos critiques constructives et riches expériences pour améliorer ses interventions et accomplir sa vision de devenir une institution de référence pour le secteur.

 

 

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